
_ Une stratification.
_ ?
_ Un carottage.
_ De quoi ?
_ Un sondage. De ce que tu veux, ce qui fait sens.
_ D’où vient-il ?
_ D’ici. Un peu de là-bas. De l’avant. De l’après aussi. Il est situé en tout cas.
_ C’est inerte un sondage ?
_ Ah non. Celui-ci est dynamique, plastique. Il est vivant.
_ En somme, c’est le sondage d’un milieu.
_ Exactement ! J’y mets sa géographie, ses gens et leurs us, leurs façons d’habiter, de construire.
_ N’oublies-tu pas les indécisions heureuses des passants, les climats, les espoirs et les folies, ce qui est dit et non-dit ?
_ Tout y est. Tangible et intangible.
_ Je me figurais la réflexion architecturale plus intégrative que cumulative. Pourtant, cette carotte cumule.
_ Nenni, point de cumul.
_ Elle cumule.
_ Enfin, oui un peu. A l’image de l’homme et de ses actions. Mais j’y vois surtout un assemblage de matières qui résonne avec ma culture et mon ressenti. C’est du vivant _ choisi. Un outil pour projeter.
_ Soit. D’aucuns diraient que tu n’as pas su faire flotter dans une cloche des nappes contextuelles, programmatiques et projectuelles. Ni arranger leurs temporalités. Ni en faire un tout, ou partie de tout, mélioratif dudit contexte, et néanmoins unitaire, quoiqu’évolutif, et passif ?
_ Cette carotte m’a semblé plus synthétique. Pour moi, la pensée forme l'outil, et l’outil forme la pensée.
_ Dans les deux sens ?
_ Et pourquoi pas. L'architecture n’est-elle pas la culture de l'équivoque ?
_ Cette notion n’est pas à la mode, mais elle est me plaît. Si ta façon de sonder, et les lectures que tu en tires, fabriquent ta pensée, où se trouve le projet architectural ?
_ L’architecture est dans la carotte.
_ Glaciaire ?
_ Rapée.
_
_ Le projet est dedans. Et autour. Il agit depuis l'intérieur et aussi l'extérieur. Il est constitué du milieu et il le constitue. Il cherche à le comprendre, l’accompagner, parfois l’améliorer. Je tâche de conserver sa pensée active, comprendre ses règles, le tester et le modeler. Le nourrir sans le gaver.
_ Les chemins de la simplicité ne sont pas toujours ceux de la facilité.
_ Ça se saurait !
_ Sonder, reconnaître, choisir, questionner les temps et les gens, élever du projet bichonné au milieu, l’épanouir en pleine aire : c’est une pratique solitaire ?
_ Je la partage. Nous sommes une joyeuse petite bande de cultivateurs d’équivoques. Nous sondons tous, mais différemment. Cela varie avec les terrains. Nous ne lisons pas toujours les mêmes choses dans nos carottes. Alors on discute beaucoup.
_ Beaucoup ?
_
_ Et tu en es content ?
_ Oui.
Texte et objet autour de la pratique du projet architectural.
A l'invitation de l'association La Plateforme, pour l'exposition " L'Architecture Manifeste " à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Bretagne, du 9 au 27 mars 2026.




_ Une stratification.
_ ?
_ Un carottage.
_ De quoi ?
_ Un sondage. De ce que tu veux, ce qui fait sens.
_ D’où vient-il ?
_ D’ici. Un peu de là-bas. De l’avant. De l’après aussi. Il est situé en tout cas.
_ C’est inerte un sondage ?
_ Ah non. Celui-ci est dynamique, plastique. Il est vivant.
_ En somme, c’est le sondage d’un milieu.
_ Exactement ! J’y mets sa géographie, ses gens et leurs us, leurs façons d’habiter, de construire.
_ N’oublies-tu pas les indécisions heureuses des passants, les climats, les espoirs et les folies, ce qui est dit et non-dit ?
_ Tout y est. Tangible et intangible.
_ Je me figurais la réflexion architecturale plus intégrative que cumulative. Pourtant, cette carotte cumule.
_ Nenni, point de cumul.
_ Elle cumule.
_ Enfin, oui un peu. A l’image de l’homme et de ses actions. Mais j’y vois surtout un assemblage de matières qui résonne avec ma culture et mon ressenti. C’est du vivant _ choisi. Un outil pour projeter.
_ Soit. D’aucuns diraient que tu n’as pas su faire flotter dans une cloche des nappes contextuelles, programmatiques et projectuelles. Ni arranger leurs temporalités. Ni en faire un tout, ou partie de tout, mélioratif dudit contexte, et néanmoins unitaire, quoiqu’évolutif, et passif ?
_ Cette carotte m’a semblé plus synthétique. Pour moi, la pensée forme l'outil, et l’outil forme la pensée.
_ Dans les deux sens ?
_ Et pourquoi pas. L'architecture n’est-elle pas la culture de l'équivoque ?
_ Cette notion n’est pas à la mode, mais elle est me plaît. Si ta façon de sonder, et les lectures que tu en tires, fabriquent ta pensée, où se trouve le projet architectural ?
_ L’architecture est dans la carotte.
_ Glaciaire ?
_ Rapée.
_
_ Le projet est dedans. Et autour. Il agit depuis l'intérieur et aussi l'extérieur. Il est constitué du milieu et il le constitue. Il cherche à le comprendre, l’accompagner, parfois l’améliorer. Je tâche de conserver sa pensée active, comprendre ses règles, le tester et le modeler. Le nourrir sans le gaver.
_ Les chemins de la simplicité ne sont pas toujours ceux de la facilité.
_ Ça se saurait !
_ Sonder, reconnaître, choisir, questionner les temps et les gens, élever du projet bichonné au milieu, l’épanouir en pleine aire : c’est une pratique solitaire ?
_ Je la partage. Nous sommes une joyeuse petite bande de cultivateurs d’équivoques. Nous sondons tous, mais différemment. Cela varie avec les terrains. Nous ne lisons pas toujours les mêmes choses dans nos carottes. Alors on discute beaucoup.
_ Beaucoup ?
_
_ Et tu en es content ?
_ Oui.
Texte et objet autour de la pratique du projet architectural.
A l'invitation de l'association La Plateforme, pour l'exposition " L'Architecture Manifeste " à l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Bretagne, du 9 au 27 mars 2026.