
Sucé-sur-Erdre (44)
L’architecture de la gare de Sucé-sur-Erdre raconte son ancienne affectation : de tels édifices jalonnent le territoire français. Avec la transformation des usages et l’avènement du numérique, la gare n’a plus lieu d’être physiquement au sein de la commune. Il s’agit alors de faire évoluer ce petit patrimoine sucéen en tiers-lieu municipal (salles associatives et de convivialité) et en coworking. Ce Tiers Lieu est une programmation ouverte sur la ville, un endroit d’hospitalité et de proximités, qui s’adapte à différents modes et rythmes de vie (lieu de travail hebdomadaire ou ponctuel, associatif, etc.). Le projet met en scène convivialité et ambiance collective. Pour équilibrer visibilité du public et sérénité des espaces de travail, il hiérarchise les accès et les flux.
Modifiée par touches à chaque changement d’usage, la gare a progressivement perdu sa lisibilité constructive originelle. Pour la retrouver, un dialogue s’est engagé avec la maîtrise d’ouvrage qui envisageait initialement une extension. En optimisant et densifiant les plateaux, il était possible d’épargner la gare et son environnement arboré de tout ajout. C’est une valorisation par l’absence : les façades sont inchangées, mais révélées par l’apparition de menuiseries en chêne. La toiture est réparée. Le projet prône davantage une mutation par l’usage que par l’image.
A l’intérieur, un nouveau vide central accueille les distributions verticales (escalier, ascenseur, sanitaires) et optimise les circulations. Cela libère de grandes salles (convivialité, réunion, plateau de coworking) et des espaces plus intimes (cuisine, petits bureaux) de part et d’autre d’un mur refend existant.
Profitant de la proximité des voies de chemin de fer, le bâtiment historique a été réalisé avec des matériaux locaux comme les moellons ou plus lointains comme le tuffeau et les poutrelles métalliques. La réhabilitation rend lisible la juxtaposition des techniques de chaque époque. Sont notamment conservés les planchers construits avec la technique de type « Roussel ». Ils sont composés de poutres métalliques en I reliées entre elles par des fentons à crochets métalliques et fermés par des augets en plâtre. Les interventions de trémie en gros œuvre et métal sont laissées brutes.
Les ouvrages rapportés racontent des savoir-faire. L’escalier en métal dessiné avec le serrurier est une réinterprétation de l’escalier extérieur existant. Le bois se décline sur la plupart des ajouts. Les menuiseries extérieures sont en chêne, les menuiseries et ameublements intérieurs sont en hêtre, massif pour les portes et cloisons vitrées, contreplaqué pour l’habillage du noyau central et les placards.
Le bâtiment est le plus passif possible, et la majorité des matériaux employés est d’origine biosourcée. Les murs périphériques sont doublés avec un isolant mélangeant fibres de chanvre, lin et coton. Le doublage fermacell améliore l’inertie intérieure. L’isolation acoustique des salles est en panneaux de fibre de bois. L’ensemble du bâtiment est doté de planchers chauffants alimentés par une pompe à chaleur air/eau. Le renouvellement de l’air est assuré par une ventilation simple flux avec des entrées d’air réchauffées ponctuellement. Profitant d’une toiture ensoleillée plein sud, le bâtiment est équipé de panneaux solaires.
Programme : Réhabilitation de la maison de la gare de Sucé-sur-Erdre en tiers lieu, espaces de co-working et salles de réception
Livré en 2024
Surface : 300m²
Maître d’ouvrage : Ville de Sucé-sur-Erdre
Maître d’œuvre : LAUS architectes (mandataire), Socle (associés)
Bureaux d’études : BETEM (BET TCE)
Secteur ABF
Photographies © Simon Guesdon






















Sucé-sur-Erdre (44)






















L’architecture de la gare de Sucé-sur-Erdre raconte son ancienne affectation : de tels édifices jalonnent le territoire français. Avec la transformation des usages et l’avènement du numérique, la gare n’a plus lieu d’être physiquement au sein de la commune. Il s’agit alors de faire évoluer ce petit patrimoine sucéen en tiers-lieu municipal (salles associatives et de convivialité) et en coworking. Ce Tiers Lieu est une programmation ouverte sur la ville, un endroit d’hospitalité et de proximités, qui s’adapte à différents modes et rythmes de vie (lieu de travail hebdomadaire ou ponctuel, associatif, etc.). Le projet met en scène convivialité et ambiance collective. Pour équilibrer visibilité du public et sérénité des espaces de travail, il hiérarchise les accès et les flux.
Modifiée par touches à chaque changement d’usage, la gare a progressivement perdu sa lisibilité constructive originelle. Pour la retrouver, un dialogue s’est engagé avec la maîtrise d’ouvrage qui envisageait initialement une extension. En optimisant et densifiant les plateaux, il était possible d’épargner la gare et son environnement arboré de tout ajout. C’est une valorisation par l’absence : les façades sont inchangées, mais révélées par l’apparition de menuiseries en chêne. La toiture est réparée. Le projet prône davantage une mutation par l’usage que par l’image.
A l’intérieur, un nouveau vide central accueille les distributions verticales (escalier, ascenseur, sanitaires) et optimise les circulations. Cela libère de grandes salles (convivialité, réunion, plateau de coworking) et des espaces plus intimes (cuisine, petits bureaux) de part et d’autre d’un mur refend existant.
Profitant de la proximité des voies de chemin de fer, le bâtiment historique a été réalisé avec des matériaux locaux comme les moellons ou plus lointains comme le tuffeau et les poutrelles métalliques. La réhabilitation rend lisible la juxtaposition des techniques de chaque époque. Sont notamment conservés les planchers construits avec la technique de type « Roussel ». Ils sont composés de poutres métalliques en I reliées entre elles par des fentons à crochets métalliques et fermés par des augets en plâtre. Les interventions de trémie en gros œuvre et métal sont laissées brutes.
Les ouvrages rapportés racontent des savoir-faire. L’escalier en métal dessiné avec le serrurier est une réinterprétation de l’escalier extérieur existant. Le bois se décline sur la plupart des ajouts. Les menuiseries extérieures sont en chêne, les menuiseries et ameublements intérieurs sont en hêtre, massif pour les portes et cloisons vitrées, contreplaqué pour l’habillage du noyau central et les placards.
Le bâtiment est le plus passif possible, et la majorité des matériaux employés est d’origine biosourcée. Les murs périphériques sont doublés avec un isolant mélangeant fibres de chanvre, lin et coton. Le doublage fermacell améliore l’inertie intérieure. L’isolation acoustique des salles est en panneaux de fibre de bois. L’ensemble du bâtiment est doté de planchers chauffants alimentés par une pompe à chaleur air/eau. Le renouvellement de l’air est assuré par une ventilation simple flux avec des entrées d’air réchauffées ponctuellement. Profitant d’une toiture ensoleillée plein sud, le bâtiment est équipé de panneaux solaires.
Programme : Réhabilitation de la maison de la gare de Sucé-sur-Erdre en tiers lieu, espaces de co-working et salles de réception
Livré en 2024
Surface : 300m²
Maître d’ouvrage : Ville de Sucé-sur-Erdre
Maître d’œuvre : LAUS architectes (mandataire), Socle (associés)
Bureaux d’études : BETEM (BET TCE)
Secteur ABF
Photographies © Simon Guesdon